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Des panneaux d'isolation thermique responsables

Ce n’est pas un secret, l’impact carbone en lien avec la production des entreprises est de plus en plus conséquent. Afin de favoriser ce que l’on appelle la transition écologique, politique soucieuse de l’environnement, certaines revoient leur processus de fabrication. C’est le cas de l’entreprise Myral, fabricant de panneaux d’isolation thermique, qui mise désormais sur le recyclage.

Un constat alarmant

Pour cette entreprise bourguignonne, le constat est sans appel. Afin de fabriquer leurs panneaux de vêtage, parements isolants et autres systèmes d’isolation thermique, 59 kg de CO₂ sont émis par mètre carré de façade. Un bilan loin d’être en accord avec les besoins de notre planète. Le coupable, c’est l’aluminium.

En effet, ce matériau est à l’origine d’environ 70% des émissions, toutes matières premières confondues. Le challenge est donc de remplacer ce dernier par un alliage composé à 75% de détritus en fin de vie. L’utilisation de cannettes, ou de plaques d’immatriculation usagées, en complément d’une plus faible dose d’aluminium commence d’ailleurs à porter ces fruits avec une baisse des émissions de 22%.

C’est bien, mais pas assez pour Julien Bagnard, responsable développement de l’entreprise.

Matières recyclées : la clef de la réussite

Les baisses d’émissions en lien avec l’aluminium ayant fait leurs preuves, d’autres horizons encore plus larges apparaissent. L’objectif pour Myral est d’augmenter ses approvisionnements en matière d’origine recyclée, et ce, sur l’ensemble de leur production. Pour environ 350 000 mètre carré de façade produit chaque année, cela peut représenter gros.

Pour ce faire, c’est au tour des producteurs de se mettre en marche. Et bonne nouvelle : depuis la fin de l’année 2022, le gouvernement a délivré, à quatre éco-organismes, des agréments spécifiques pour créer la filière à Responsabilité Élargie des Producteurs (REP) de la filière « produits et matériaux » de construction du bâtiment. Un grand pas sachant que ce secteur est à l’origine de 42 millions de tonnes de déchets par an.

Le gisement étant élargie, Myral pourra alors nouer des partenariats avec cette filière, et par conséquent, augmenter ses approvisionnements en matières issues du recyclage. Si nous avons vu que l’aluminium pourrait provenir de canettes, c’est aussi le cas pour bon nombre d’autres matériaux. Le plastique, par exemple, peut être extrait de bouteilles PET. Cela est très utile afin de fabriquer les mousses de l’entreprise d’isolation thermique. Les déchets de menuiserie seront également réutilisés dans le but de concevoir des rives d’emboîtement en PVC. Un large champ des possibles qui pourrait conduire Myral à incorporer 50% de PVC issus de ces gisements à terme, contre un faible pourcentage actuel de 10%.

Et pour boucler la boucle, Myral prévoit pour ces produits une fin de vie identique aux matières premières utilisées. Comme par exemple avec le groupe Isota pour qui Myral va démanteler des panneaux sandwichs.

Une qualité assurée

Malgré ses bienfaits, le recyclage est souvent associé à une baisse de la qualité finale du produit. Cela peut d’ailleurs rendre certains utilisateurs frileux à l’idée de se tourner vers des entreprises utilisant un processus de fabrication à partir de déchets. Cependant, les dirigeants de Myral l’affirment, cela n’impactera en rien la qualité de leurs produits.

En effet, si les matières premières sont différentes, le processus de fabrication, lui, reste le même. De ce fait, les propriétés techniques de leurs panneaux d’isolation thermique par l’extérieur sont identiques. Pour les plus sceptiques, l’entreprise s’est empressée d’engager une procédure de certification.

Place à la R&D

Même si l’empreinte carbone de l’entreprise devrait diminuer de 51% en 2024, l’objectif à terme est bien plus conséquent. Dans la section « Recherche et Développement » de Julien Bagnard, c’est un tout nouveau projet qui est en train de voir le jour. En effet, le sourcing de matières premières biosourcées n’est pas un problème pour Myral. Cependant, la mise en œuvre de fabrication n’est pas une mince affaire. Mais le projet est en cours, et devrait aboutir à la création d’un isolant à base de fibre de bois. Avec ce type d’isolant biosourcé, stocker du carbone deviendra possible.

Mais comme toutes les bonnes choses, cela prend du temps. Afin d’en assurer la qualité, le projet est soumis à de nombreux avis techniques encore en cours d’analyse. Mais les dirigeants ne souhaitent pas perdre plus de temps, et testeront eux-mêmes leur innovation. L’isolant en fibre de bois et les panneaux de l’entreprise seront utilisés dans le but d’effectuer la rénovation de son siège social.

Toutes ces innovations ont un enjeu capital sur le futur de notre système de production. La création de nouveaux matériaux et l’augmentation du recyclage pourrait bien séduire de plus en plus d’entreprises. Et notamment dans le secteur du BTP, qui, on le rappelle, est l’un des plus gros émetteurs.

Beaucoup ont déjà entamé leur transition écologique vers un mode de production plus durable et respectueux de l’environnement. Le tout reste à chacun d’entre nous d’en faire bon usage et de prioriser ces entreprises responsables pour nos rénovations énergétiques. Chacun peut y participer, à son échelle !