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Pourquoi il est difficile de faire des économies sur son prêt immobilier

Vous avez peut-être déjà entendu parler de l’effet pervers de certains crédits immobiliers qui empêche de réaliser des économies sur votre prêt. En effet, bien qu’une réglementation ait été mise en place pour favoriser la délégation d’assurance et ainsi permettre aux emprunteurs de gagner de l’argent, un phénomène contraire semble avoir pris le dessus. Dans cet article, nous allons explorer les différentes facettes de cette situation et les raisons pour lesquelles elle est devenue problématique pour ceux qui cherchent à obtenir un crédit immobilier.

La loi Lemoine

La loi Lemoine a été mise en place en 2022 pour les nouveaux crédits immobiliers, et a été étendue à tous les prêts au 1er septembre 2022. Cette législation a pour but de faciliter le changement d’assurance emprunteur, afin de permettre aux emprunteurs de réaliser des économies sur leur prêt.

La délégation d’assurance permet de :

  • choisir une assurance moins coûteuse que celle proposée par la banque prêteuse
  • faire des économies allant jusqu’à plusieurs milliers d’euros sur la durée du crédit

Malgré les intentions louables de cette loi, les professionnels du secteur, notamment les assureurs, tirent la sonnette d’alarme sur un effet pervers qui s’est développé ces derniers mois.
Ils constatent que, face à la pression des banques, les emprunteurs préfèrent souscrire à l’assurance du prêteur pour obtenir le financement, plutôt que de choisir une délégation d’assurance. Le nombre de refus de délégation d’assurance en première intention aurait ainsi augmenté de 30%.

Une baisse de 20% sur les nouveaux crédits assurés par les assurances

Face à cette situation, les assureurs constatent une baisse de 20% de leur part de marché sur les nouveaux crédits immobiliers. Les emprunteurs, craignant de mauvaises conditions de prêt ou même un refus de financement, optent pour l’assurance proposée par la banque prêteuse lors de la signature du contrat de crédit.
Seulement 7,5% des nouveaux crédits sont assurés par des alternatives, contre 9,3% en 2021 et dans le même temps, la part des contrats bancaires défensifs, c’est-à-dire des contrats alternatifs de la banque prêteuse, a augmenté de 20%.

Cette tendance des emprunteurs à souscrire l’assurance de leur banque pour obtenir leur prêt et procéder rapidement au changement d’assurance ensuite se confirme.
En effet, 56% des assurés procèdent à la résiliation dans la première année de souscription de l’assurance contractée auprès de leur banque (et 80% dans les 2 premières années). Cela montre que certains emprunteurs choisissent de ne pas se battre pour leur délégation d’assurance au moment de la souscription du crédit, préférant sécuriser leur financement et procéder au changement d’assurance par la suite.