dpe imperfections
Le DPE indispensable mais imparfait

Lors d’une transaction immobilière, le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) s’impose comme un outil central, bien que sujet à controverse. Ce document, qui évalue la consommation d’énergie et les émissions de gaz à effet de serre d’un logement, est devenu un passage obligé pour la vente ou la location d’un bien. Il joue également un rôle clé dans l’obtention d’aides à la rénovation. Malgré les critiques, le DPE reste un instrument indispensable dans la transition énergétique du secteur immobilier. Cet article passe en revue les rôles et imperfections d’un DPE.

Contenu du DPE : une vision globale de la performance énergétique

Le DPE fournit une analyse détaillée des caractéristiques énergétiques d’un logement, incluant le mode de chauffage, la production d’eau chaude, la présence de systèmes à énergie renouvelable et la ventilation.

Il évalue la consommation annuelle d’énergie, basée sur des données techniques et les factures des occupants, et quantifie les émissions de gaz à effet de serre.
Le classement énergétique, allant de A (performant) à G (peu performant), est déterminé en fonction de la consommation, de la surface du logement, de la zone climatique et de l’altitude.
Très souvent, se sont les maisons anciennes datant d’avant 1948 qui ont de mauvais DPE.

Valable 10 ans, ce diagnostic est réalisé par un professionnel certifié lors d’une visite sur site.

Rôle du DPE dans le secteur immobilier

Le DPE est obligatoire pour la vente ou la location d’un logement, fournissant une information transparente aux futurs occupants. Son impact va au-delà de la simple information :

  • Les loyers des logements classés G ou F, considérés comme des « passoires thermiques« , ne peuvent plus être augmentés depuis août 2022.
  • Dès janvier 2023, les logements classés G avec une consommation supérieure à 450kWh/m²/an ne peuvent plus être loués, et cette interdiction s’étendra à tous les logements G en janvier 2025.
  • À partir de janvier 2024, seules les rénovations globales des passoires énergétiques permettront d’accéder à l’aide MaPrimeRénov’.

Critiques du DPE : un outil perfectible

Le DPE, bien qu’utile, n’est pas exempt de critiques.

Contenu

Le DPE ne fournit pas de directives précises pour améliorer la performance énergétique d’un logement.
Bien qu’il contienne des recommandations de travaux, celles-ci ne suffisent pas pour élaborer un plan de rénovation complet. L’audit énergétique est nécessaire pour obtenir un bilan détaillé et des propositions d’amélioration.

Mode de calcul

La méthode de calcul actuelle du DPE peut défavoriser les petits appartements.
Par exemple, la consommation énergétique liée à la production d’eau chaude est estimée identique pour un appartement de 16m² ou de 32m², impactant négativement la note du plus petit logement. Le gouvernement travaille sur une révision de cette méthode pour répondre à ces critiques car apparait que 63% des DPE sont faussés par un mauvais calcul.

Fiabilité

La qualité du DPE peut varier en fonction de l’expérience et de la spécialisation des professionnels du secteur. Pour améliorer cette situation, la durée de formation obligatoire des diagnostiqueurs a été rallongée depuis le 20 juillet 2023.

Les diagnostiqueurs immobiliers doivent posséder un certificat de compétence délivré par un organisme agréé, comprenant un examen théorique et un examen pratique.
Cette certification doit être renouvelée tous les 7 ans, et les professionnels sont tenus de souscrire une assurance de responsabilité professionnelle.

L’utilité confirmée du DPE par des décisions récentes

Malgré ses limites, le DPE reste un outil clé dans le secteur immobilier. À partir du 1er janvier 2024, des changements importants renforceront son rôle.

Les demandes de MaPrimeRénov’ pour un seul geste de travaux nécessiteront un DPE prouvant que le logement n’est pas classé G ou F.

Un nouveau type de DPE, applicable aux immeubles en monopropriété et aux copropriétés de plus de 200 lots, sera obligatoire dès janvier 2024, avec une extension progressive aux immeubles plus petits entre 2025 et 2026.