Lexique jardinage Chancre bactérien

Chancre bactérien

Invisible durant l’été, le chancre bactérien s’active dès l’arrivée de l’automne, profitant des conditions humides pour s’attaquer aux arbres fruitiers. Cette infection, provoquée par la bactérie Pseudomonas syringae ou Xanthomonas, se propage rapidement et peut causer la mort de l’arbre en quelques années si elle n’est pas maîtrisée. Originaire d’Asie et introduite en Europe au XIXᵉ siècle, cette maladie est particulièrement problématique dans les vergers, où elle compromet la santé des cultures. Le cerisier est l’espèce la plus vulnérable, mais d’autres fruitiers ne sont pas épargnés. Pour les jardiniers et arboriculteurs, une vigilance constante est nécessaire, car une infection non traitée peut conduire à une perte totale des récoltes.

Une maladie qui s’attaque à l’écorce et affaiblit l’arbre

Le chancre bactérien se manifeste d’abord par des taches brunâtres sur l’écorce, qui évoluent en crevasses profondes. À mesure que l’infection progresse, la plante réagit en produisant une substance collante, un phénomène appelé gommose. Les tissus affectés se nécrosent et l’arbre s’affaiblit progressivement.

Les symptômes les plus fréquents incluent :

  • Fissures et lésions sur l’écorce
  • Exsudation de gomme sur les plaies infectées
  • Dépérissement des branches et chute prématurée des feuilles
  • Affaiblissement général de l’arbre, ralentissement de sa croissance
  • Propagation de la maladie aux arbres voisins si aucune action n’est menée

La bactérie peut rester latente durant l’été et s’activer dès l’arrivée des pluies automnales, rendant la lutte d’autant plus complexe.

Les espèces fruitières les plus sensibles

Tous les arbres ne sont pas égaux face à cette infection et certains fruitiers, notamment le cerisier et le prunier, y sont particulièrement exposés. D’autres, comme l’abricotier ou le pommier, peuvent être affectés mais avec une résistance légèrement supérieure.

Voici un aperçu des principales espèces concernées :

Espèce Niveau de sensibilité Symptômes les plus marqués
Cerisier Très élevé Gommose importante, crevasses profondes
Prunier Élevé Sécheresse des branches, nécrose de l’écorce
Abricotier Moyen à élevé Réduction de la floraison, affaiblissement des rameaux
Pommier Moyen Décoloration de l’écorce, déformations des branches

Comment limiter les dégâts et protéger ses arbres ?

Lorsqu’un arbre est infecté, plusieurs mesures permettent de limiter la propagation de la maladie. L’élagage des parties atteintes reste une étape incontournable, à condition d’effectuer des coupes nettes et de désinfecter les outils après chaque utilisation.

Une fois les branches malades retirées, il est recommandé d’appliquer un traitement à base de bouillie bordelaise suivi d’un mastic cicatrisant pour protéger les plaies.

D’autres pratiques peuvent renforcer la résistance des arbres :

  • Désinfecter soigneusement les outils de taille entre chaque arbre
  • Éviter les plantations en sols argileux, humides ou mal drainés
  • Appliquer un badigeon protecteur contenant du kaolin, un fongicide naturel et de la bouse de vache fraîche
  • Utiliser la technique du chaulage, qui consiste à badigeonner le tronc avec du lait de chaux en hiver pour limiter la prolifération des bactéries

Sans intervention rapide, un arbre adulte peut être entièrement détruit en deux ans seulement, mettant en péril l’ensemble du verger. Une surveillance attentive et des traitements adaptés restent les meilleures armes contre cette maladie redoutable.