Depuis le 1er janvier 2020, la recherche française en agriculture, alimentation et environnement repose sur une nouvelle entité : l’Inrae. Cet institut résulte de la fusion entre l’Inra, fondé en 1946, et l’Irstea, spécialisé dans les sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture. Ce rapprochement marque une évolution stratégique pour renforcer les synergies entre agronomie et écologie. À sa tête, Philippe Mauguin, ancien président de l’Inra, pilote cette organisation dont l’ambition dépasse les frontières nationales. Forte d’un effectif imposant et d’une production scientifique de premier plan, l’Inrae se positionne comme un leader mondial de la recherche appliquée aux grands enjeux environnementaux et agricoles. Son influence s’étend à des domaines aussi variés que la gestion des sols, la réduction des intrants chimiques et l’adaptation des cultures aux nouvelles contraintes climatiques.
Un institut fort de 12 000 chercheurs
Avec 12 000 chercheurs et un budget excédant le milliard d’euros, l’Inrae devient un acteur incontournable du paysage scientifique international.
Cette fusion permet de regrouper des expertises complémentaires et d’adopter une approche systémique, intégrant les interactions entre agriculture et environnement.
L’apport de l’Irstea enrichit considérablement les compétences en hydrologie, en écologie et en préservation des sols. Ces recherches sont indispensables pour comprendre l’impact des pratiques agricoles sur les écosystèmes et développer des solutions durables.
Grâce à cette structuration, l’Inrae atteint un niveau de publication scientifique équivalent à celui des États-Unis et se positionne juste derrière la Chine en volume de production scientifique.
Indicateurs | Données |
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Effectif total | 12 000 chercheurs |
Budget annuel | +1 milliard d’euros |
Rang mondial en publications | Équivalent aux États-Unis, derrière la Chine |
Domaine d’expertise | Agriculture, alimentation, environnement |
Des recherches approfondies sur l’eau
L’eau constitue un enjeu majeur pour l’Inrae : l’institut hérite des travaux de l’Irstea sur la gestion des ressources hydriques, les risques liés aux sécheresses et aux inondations, ainsi que la qualité des sols. Ces recherches sont indispensables pour anticiper l’évolution des cycles de l’eau dans un contexte de changement climatique.
Un axe de travail central concerne la réutilisation des eaux usées pour l’irrigation. Si cette technique est déjà éprouvée en Méditerranée, aux États-Unis et en Australie, elle nécessite en France une adaptation réglementaire et technologique. L’Inrae s’attache ainsi à optimiser les procédés et à évaluer leurs impacts sur les cultures.
Voici les principaux axes de recherches :
- Analyse des impacts des sécheresses et inondations
- Optimisation de la gestion des bassins versants
- Amélioration des techniques de stockage et d’irrigation
- Développement de solutions pour la réutilisation des eaux usées
Cette fusion répond à une vision intégrée de la recherche, où l’agriculture et l’environnement ne peuvent plus être dissociés. Pour Monique Alexos, directrice scientifique de l’alimentation et de la bioéconomie, seule une approche décloisonnée permettra de répondre aux défis de l’agriculture de demain.