Lexique jardinage Nématodes des racines

Nématodes des racines

Invisible à l’œil nu, le nématode est pourtant omniprésent dans nos sols cultivés. Ce ver minuscule, souvent ignoré des jardiniers amateurs, peut ruiner une récolte ou, au contraire, sauver un potager envahi de nuisibles. Sa taille dérisoire ne reflète en rien son influence sur les écosystèmes souterrains. Il existe des nématodes parasites, qui dévastent les racines des plantes, et d’autres qui traquent les insectes indésirables avec une précision redoutable. Leur rôle est si déterminant qu’ils sont aujourd’hui intégrés aux stratégies de lutte biologique, aux côtés des coccinelles ou des chauves-souris. Comprendre leur fonctionnement, leur diversité et leur usage possible, c’est mieux maîtriser l’équilibre du jardin.

Les nématodes nuisibles aux plantes : acteurs d’une dégradation invisible

Appartenant à la catégorie des phytoparasites, ces nématodes mesurent moins d’un millimètre et s’attaquent principalement aux racines. Une fois insérés dans les tissus végétaux, ils aspirent les nutriments nécessaires au bon développement de la plante. Cette extraction continue finit par provoquer un affaiblissement généralisé.

Les racines des tomates, des pommes de terre ou des carottes comptent parmi leurs cibles privilégiées. Leur action perturbe la circulation de la sève, provoque des excroissances ou des nécroses, et rend la plante vulnérable à d’autres agressions.

La nature souterraine de leur attaque complique leur détection précoce, ce qui explique la sévérité des dégâts lorsqu’ils sont identifiés.

Prévenir et contrer les attaques de nématodes phytoparasites

Face à ce type d’agresseurs, la prophylaxie constitue la première ligne de défense. La mise en place d’une rotation culturale permet d’interrompre leur cycle de vie en éliminant leur plante-hôte.

Ce principe est d’autant plus efficace s’il est appliqué sur plusieurs années consécutives.

Les outils utilisés pour travailler les sols contaminés doivent être désinfectés systématiquement. Quant aux plants atteints, leur incinération est recommandée afin d’éviter la dissémination des œufs.

Certaines plantes compagnes comme l’œillet d’Inde, mais aussi les Tagetes erecta, sont connues pour libérer dans le sol des composés toxiques pour les nématodes.

Voici comment lutter contre les nématodes :

  • Alternez les cultures pour perturber le cycle des parasites
  • Désinfectez sécateurs, bêches et transplantoirs après chaque usage
  • Évitez le compostage des plantes infestées : préférez le brûlage
  • Intégrez des plantes répulsives comme les œillets d’Inde autour des cultures sensibles

Les nématodes entomopathogènes : des prédateurs naturels au service du potager

À l’opposé des espèces phytophages, les nématodes entomopathogènes sont utilisés pour contrôler biologiquement certaines populations d’insectes.

Ces auxiliaires naturels sont sélectionnés pour leur capacité à s’introduire dans les larves de ravageurs (limaces, larves de hannetons, vers gris, tipules) et à les neutraliser en libérant des bactéries pathogènes.

Ces bactéries, généralement du genre Photorhabdus ou Xenorhabdus, provoquent la mort rapide de l’hôte, souvent en moins de deux jours. Les nématodes se nourrissent ensuite du cadavre, se reproduisent, puis repartent à la conquête d’autres proies dans le même secteur.

Cette stratégie biologique ciblée permet de limiter efficacement l’usage d’insecticides chimiques, tout en préservant les insectes utiles comme les pollinisateurs.